Le mimétisme moléculaire est un phénomène bien documenté en immunologie qui repose sur des ressemblances structurales entre certaines protéines d’agents infectieux et des protéines de l’organisme. Ces similarités peuvent induire des réactions immunitaires croisées : les anticorps produits pour neutraliser le pathogène reconnaissent aussi, par erreur, des protéines du soi, pouvant favoriser des réactions inflammatoires et l’apparition de maladies auto-immunes.
Une étude publiée dans la revue Journal of Autoimmunity met en évidence un phénomène de mimétisme moléculaire entre la protéine Spike du SARS-CoV-2 et des protéines humaines impliquées dans la spermatogenèse. En combinant analyses bioinformatiques, études sérologiques et expérimentations chez la souris, les scientifiques montrent que des anticorps mimant ceux induits par l’infection peuvent reconnaître une protéine testiculaire essentielle et altérer la fertilité masculine et féminine dans un modèle murin.
Ces données apportent une preuve expérimentale originale montrant que des anticorps induits par mimétisme moléculaire peuvent avoir des effets délétères sur la reproduction, au moins dans un modèle murin. Elles suggèrent que, chez l’humain, une réponse immunitaire déclenchée par l’infection par le SARS-CoV-2 pourrait, dans certains cas, interférer avec des fonctions reproductives essentielles. Cette étude ouvre ainsi de nouvelles perspectives de recherche sur les conséquences immunologiques à long terme de la COVID-19 et souligne l’importance d’évaluer les effets différés des infections virales sur la fertilité.
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Article:
Pathophysiological effects of long COVID-19 (auto)antibodies on fertility. J Autoimmun 158:103518. doi: 10.1016/j.jaut.2025.103518.

